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Vie de céramiste – février 2026

Chers amoureux des céramiques et de l'hiver,

Une fois n’est pas coutume… J’ai décidé de répondre à vos questions !

Il y a quelques jours, je vous avais proposé de me confier vos questions : celles qui traversent votre esprit, celles que vous gardez parfois en silence. Celles qui parlent de céramique, de travail de la terre, de création, mais aussi celles qui sont plus personnelles…

Vous avez répondu avec beaucoup de sincérité à cette proposition et je vous en remercie ! Cette lettre mensuelle sera donc consacrée aux réponses de toutes les interrogations que vous m’avez confiée.

C’est parti !

Quel est votre rapport à votre image, dans cette société où il faut constamment se montrer et être parfaite pour pouvoir vendre ses produits ?

Merci pour cette question très intéressante ! Tout d’abord, il est utile de rappeler que nous avons tous le droit d’être imparfaits. Nos imperfections ne déterminent aucunement ce que nous avons le droit de réaliser ou non, dans nos vies professionnelles. J’ai 42 ans et je suis loin d’être parfaite. Mais je revendique cette imperfection et à travers elle, j’ai envie de montrer mon travail de céramiste.

Les années passant, mon rapport à mon image est apaisé. J’accepte de vieillir et de changer avec les années. Je me montre souvent sans maquillage, sans filtre, sans mise en scène excessive. Parce que c’est ainsi que je me sens juste avec vous.

J’essaye de me rendre visible, non pas par égo ou par besoin de faire comme les autres. Juste parce que moi-même, en tant que femme et consommatrice, je suis touchée par les marques qui racontent une histoire, par les parcours que l’on devine derrière les objets ou services, par les êtres humains en qui on peut se reconnaitre.

Créer et vendre n’est pas une performance. C’est une aventure d’humains à humains, une rencontre, un échange d’univers et de sensibilités. J’essaye d’incarner tout cela à travers ce que je partage avec vous. A l’aire de l’intelligence artificielle, je considère aussi que l’authenticité et l’imperfection sont les forces des humains.

Bien sûr, il y a aussi quelques limites que je choisis de respecter. Je me montre, mais je me protège aussi. Certaines parts de ma vie restent à l’abri, comme mes enfants, qui n’ont pas à porter ce regard public. Ce que je partage ici et sur mes réseaux, c’est la juste dose qui fait sens pour moi : une présence sincère, imparfaite, mais vivante. Comme la terre que je façonne.

En tant qu’artiste et céramiste, quelles sont vos inspirations et comment viennent vos idées de collection ?

Mes inspirations se construisent toujours lentement, par couches successives de pensées. Il faut dire que mon cerveau n’arrête pas de tourner. Mais je ne lutte pas contre ces pensées envahissantes. Entre chaque collection, je me laisse toujours du temps de réflexions, pour nourrir ces inspirations. Et lorsque j’ai enfin cette idée fulgurante qui retient toute mon attention et efface le reste, je sais que je tiens ma future collection. La créer est ensuite facile et cela me met en joie. Cette nouvelle énergie me porte des jours entiers dans l’atelier, à façonner ces céramiques exclusives. Lorsque la collection est terminée, je me sens vide de l’intérieur. C’est comme si j’avais tout donné. Il faut alors que le temps fasse son œuvre pour que les idées reviennent petit à petit.

Je ne fais jamais de dessin. Toutes les ébauches se passent dans ma tête. C’est parfois éreintant mentalement mais c’est ainsi que je fonctionne.

Mon inspiration se nourrit de tout ce que je vis. Mes voyages ont une place importante dans ma créativité. Où que je sois, je ne manque jamais une occasion de pousser la porte d’une fabrique de céramique ou d’un atelier de potier. J’aime m’attarder devant les pièces dédiées à la vaisselle lors de visites de châteaux. Je me nourris de visites de musées sur les arts ancestraux. Je retourne les assiettes lorsque je vais au restaurant, pour voir l’artiste qui a créé cette pièce qui me touche. Je suis toujours très curieuse de tout. J’aime aussi les matières, comme les tissus, les broderies, le papier. Tout m’inspire…

Les saisons inspirent également mon travail de céramiste. Chaque période de l’année m’invite à ressentir un rythme différent. J’observe la faune et la flore évoluer au fil des saisons. J’observe le végétal qui change, qui s’endort et qui renait. Le monde animal avec ses rythmes, ses présences discrètes, ses silences. Mes pièces naissent de là : d’une sensation propre à chaque saison. Comme une tentative de garder une trace, fragile et sensible, de tout le beau qui traverse notre monde à chaque printemps, été, automne et hiver.

Enfin, toutes mes années de pratique guident mes inspirations. J’ai appris à me connaitre et savoir ce que j’aime, comme les détails et la finesse des gestes. J’ai exploré le grès, la faïence, la porcelaine. J’ai tout essayé, longtemps, patiemment. Avec le temps, certaines terres se sont imposées comme des évidences. Aujourd’hui, je développe beaucoup de collections artisanales en faïence blanche, car j’aime la douceur de cette terre, les détails et couleurs vives qu’elle retransmet parfaitement.

C’est peu commun de voir du « nail art » chez une céramiste ! Vous faites vos ongles vous-même ?

Bien entendu, chacun fait ce qu’il souhaite avec son corps. Pour ma part, j’ai toujours aimé avoir des ongles colorés. Je trouve que c’est une petite part de créativité en plus. Mes mains étant mon outil principal dans la création de céramiques artisanales et dans les photos des produits, j’essaye d’en prendre soin. Je les confie à une talentueuse professionnelle, qui garde mes ongles naturels et s’amuse avec moi, à créer des inspirations de saisons.

Proposez-vous des céramiques artisanales personnalisées, sur commande ?

Je me suis déjà essayée à cette pratique et je n’ai pas particulièrement aimé l’exercice. Je dois avouer aussi qu’il est difficile de réaliser quelque chose qui ne vient pas de ma propre inspiration. J’ai toujours l’impression que ça sonne faux. Par contre, j’adapte des pièces de ma collection pour répondre aux envies de mes clients : rajouter un texte ou un prénom, changer une couleur, modifier un détail. Je peux également réaliser des pièces signature pour une autre marque, quand le prototype est très clair pour mon client et que je ressens une vraie connexion avec mon travail. Par exemple, j’ai en ce moment deux collaborations avec un salon de thé et une naturopathe.

Faites-vous des soldes de vos céramiques artisanales ?

Je ne fais pas de vraies soldes. En revanche, pour chaque lancement de nouvelles collections de céramiques artisanales, j’essaye de vous proposer des offres promotionnelles. Cela peut être un pourcentage de remise ou des frais de port offerts lorsqu’un certain montant est atteint, ou encore un petit cadeau glissé dans le colis. Mais il faut avoir en tête que tous ces avantages offerts ont une répercussion sur mon chiffre d’affaires. C’est donc un jeu d’équilibre entre vous faire plaisir et la viabilité de mon entreprise de céramiques faites main. Mais dès que je peux, je le fais avec grand plaisir, car je sais que certains d’entre vous ne peuvent pas se permettre de s’offrir une céramique artisanale au prix classique.

Que faites-vous de vos céramiques ratées ?

Lorsque les pièces racontent une histoire et sont suffisamment belles, je les mets en vente. Ce fut le cas pour la coupelle célébration d’hiver qui a fusionné avec une boule de Noël, car la tige qui retenait la boule s’était affaissée dans le four. La pièce vous a beaucoup plu donc elle est devenue une céramique exclusive, mise en vente sur la boutique en ligne.

En revanche, lorsque la céramique n’est pas commercialisable (fissure profonde dans la faïence, retrait trop important de l’émail, etc.), je la garde précieusement dans un carton intitulé « Mosaïques », car j’aimerais m’essayer à créer quelques pièces en mosaïques, l’été prochain.

Quelle est votre marge ? Car les céramiques artisanales sont chères…

Il est vrai que les céramiques artisanales ont un certain prix, si on les compare à celles de la grande distribution.

Pour ma part, je ne peux pas rivaliser avec les chaines de production des grands groupes. Je ne peux pas produire vite, ni beaucoup. En tant que céramiste, artiste et artisane, je cherche à produire juste. Mes céramiques artisanales ne sont pas des objets standards : ce sont des pièces uniques ou en petites séries. Elles ont un prix qui reflètent ce temps, ce soin, la présence de la céramiste que je suis, cette intention positive que je pose dans chaque pièce, cette âme en plus que je transmets.

Mes céramiques artisanales ont donc le prix juste. Je ne cherche pas à m’enrichir. Simplement à vivre de mon travail et pérenniser la marque Sous le Cerisier. Chaque achat réalisé auprès de Sous le Cerisier est un engagement que vous faites pour le fait main.

Je regrette que certains céramistes français sous-évaluent parfois leur travail, en pratiquant des tarifs excessivement bas. Les clients ne le savent pas, mais de plus en plus de céramistes ferment leurs ateliers. Pas parce qu’ils ne veulent plus créer des céramiques. Mais parce que c’est devenu trop dur d’en vivre. Ils n’arrivent pas à engranger un revenu décent et doivent souvent conserver un travail alimentaire à côté. Et cela me peine beaucoup, parce que c’est la petite mort silencieuse du fait main, de l’artisanat français, du made in France.

De mon côté, mes prix paraissent surement un peu plus chers, mais ils sont calculés en fonction du nombre de pièces que je peux sortir chaque mois, des prix des matières premières de qualité, des charges importantes inhérentes à un artisan français. Mon travail est reconnu par le dépôt de la marque Sous le Cerisier et cela a aussi un coût. Ma marge n’est donc pas immense. L’objectif est juste que je sois capable de vous proposer mes collections, encore de nombreuses années…

Je vous invite également à regarder les prix des céramistes américaines et japonaises. Là-bas, le travail des céramistes est reconnu par la population et a une vraie valeur. Les céramistes japonais sont même parfois perçus comme des demi-dieux. Vous verrez que les prix pratiqués sont largement plus élevés que les miens. Finalement, le point de vue est différent, en fonction du pays où l’on se place. Cela donne matière à réflexion, vous ne trouvez pas ?

Combien de temps passez-vous sur les détails de vos pièces ?

C’est très variable, mais une règle est à retenir : plus vous voyez de détails sur les céramiques, plus j’y passe du temps ! Chaque bas-relief de végétaux et d’animaux est façonné puis rajouté à la main et engobé de couleur au pinceau. J’utilise parfois des techniques comme le transfert au papier de riz. J’ai également reçu en cadeau, une machine de découpe pour réaliser des pochoirs, mais je ne l’ai pas encore utilisée. J’adore travailler les détails et je pense que cela fait partie de la signature de la marque Sous le Cerisier : des objets avec du relief, des détails et des finitions.

L’or que vous utilisez est-il un émail ?

Non, l’or que j’utilise n’est pas un émail. Il s’agit d’or véritable, appliqué à froid sur les céramiques en cours de création. Cette étape se réalise après les deux cuissons de biscuit et d’émail. C’est un geste délicat réalisé au pinceau, qui vient souligner certains détails. J’utilise l’or par petites touches, pour capter la lumière et révéler les lignes de certaines céramiques artisanales. L’or nécessite ensuite d’être cuit pour fusionner avec le verre de l’émail. Mais il ne doit pas passer au micro-onde, car c’est un métal précieux. Le lave-vaisselle est aussi à déconseiller, car très abrasif : sur long terme, il pourrait modifier le lustre d’or.

Faites-vous des collaborations avec d’autres céramistes ?

Pour l’instant, je réalise seule, toutes les céramiques artisanales de Sous le Cerisier. Je maitrise la chaine de production du début à la fin. Je ne fais pas de collaboration. Néanmoins, j’aime beaucoup suivre le travail des céramistes françaises et étrangères utilisant des techniques différentes aux miennes.

J’ai cru voir que vous aviez eu une carrière dans le social. Qu’est-ce qui vous a donné envie de changer d’orientation professionnelle ? 

Effectivement, je ne m’en cache pas, même si je suis encore assez discrète sur le sujet ! En parallèle de la pratique de la céramique, j’ai effectué des études supérieures dans le domaine du social et de l’humanitaire. J’ai exercé mon métier dans la relation d’aide durant 20 ans. 10 années en tant que salariée et 10 années en tant que profession libérale. J’ai ainsi développé et créé un cabinet social et une marque associée, qui est aujourd’hui reconnue au national et à l’international. Petit à petit, je me suis entourée de collaboratrices, qui sont devenues des amies. J’ai également formé mes pairs pendant plus de 9 ans, pour les aider à se développer. Tout ce parcours professionnel est une grande fierté pour moi et je suis très heureuse du chemin parcouru.

Mais à l’aube de mes 40 ans, j’ai eu besoin de relever de nouveaux challenges et surtout, de mettre en lumière ce que je pratique dans l’ombre depuis tant d’années : la céramique. L’année 2026 marque le début d’un nouveau cycle et je souhaite que la céramique soit mise en lumière et qu’elle devienne ma nouvelle source de bonheur et de challenge. Je compte sur vous pour me soutenir, car repartir à zéro sur ce chemin engendre beaucoup de peur !

Pour conclure…

J’espère avoir répondu à toutes vos questions ! Si ce format de questions/réponses vous plait, je pourrais continuer à le proposer, les mois suivants. N’hésitez pas à me faire parvenir vos interrogations et commentaires, via le formulaire de contact ou mes réseaux sociaux.

Au plaisir de vous lire et de vous retrouver le mois prochain !

Aurélie

Fondatrice de Sous le Cerisier

Céramiste amoureuse des saisons

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